Le loup de la plaine lorraine est en danger de mort !

Aujourd’hui plus que jamais, le seul loup de la plaine lorraine a besoin de nous, il est en danger de mort.

Très peu de temps après la prise d’un arrêté interministériel, spécialement pour le 54 et le 88, pour l’autorisation de destruction d’un loup supplémentaire au plafond déjà atteint cette année (32 loups tués par tirs, bien plus par d’autres moyens…), les Préfets 54 et 88 ont pris conjointement un arrêté de tir de prélèvement sur l’ensemble des communes du territoire aujourd’hui connu pour le loup de la plaine. Ce type de tir est le plus dangereux, les tireurs peuvent pratiquer une véritable chasse au loup, sans attendre qu’il attaque un troupeau de moutons, et sans rester autour des troupeaux, en le traquant sur l’ensemble de son territoire, notamment lors d’actes de chasse. De très nombreux loups ont déjà été tués ces derniers mois dans le massif alpin, notamment par la brigade loup embauchée par l’Etat (ONCFS), spécialisé dans le tir des loups, et très efficace… Son arrivée a été annoncée dans notre région, aucune information précise pour l’instant.

Le prétexte principal évoque l’impossibilité de se protéger pour les éleveurs, puisque les attaques n’ont jamais cessé depuis l’automne 2015, malgré les « mesures » de protection installées par une faible minorité d’éleveurs.

La réalité du terrain est la suivante :

  • Très peu d’éleveurs ont installé des clôtures véritablement efficaces contre les attaques de loup. Ceux-ci n’ont quasiment plus connu d’attaques depuis de nombreux mois (le risque 0 n’existe pas avec le loup).
  • La très grande majorité des autres n’est pas ou très peu protégée.
  • Aucune démarche sérieuse n’a été engagée à large échelle par l’Etat ou par la profession agricole pour équiper correctement les éleveurs de cette zone.

Nous savons que des solutions efficaces et durables sont possibles, les pays voisins vivent avec le loup sans problème majeur, notamment en Allemagne, au contexte très proche du nôtre, où le loup est revenu plus tard qu’en France, et où la population lupine a dépassé celle de notre pays (il n’y a aucune autorisation de tir en Allemagne…) !

Les associations de la région ont été force de propositions depuis plus de 2 ans pour tenter de faire évoluer les choses, sans succès auprès de l’Etat, qui n’a géré la situation que par des autorisations de tirs.

L’arrêté interministériel est clair : « Jusqu’à la date éventuelle à laquelle un loup aura été détruit …. L’interdiction (de détruire un loup supplémentaire au plafond de 32 déjà atteint avant fin 2016) ne s’applique pas dans ces départements (54 et 88) ». Et suit l’arrêté inter-préfectoral de tir de prélèvement, valable 1 mois, mais qui sera probablement suivi d’un autre arrêté. Il s’agit vraisemblablement d’une manœuvre administrative pour complexifier l’action des associations qui voudront attaquer cet(ces) arrêté(s).

Deux actions sont possibles aujourd’hui pour tenter de déjouer cette stratégie de l’Etat :

  • Dans l’urgence, perturber ces tirs par une présence la plus importante possible sur le terrain, sur les communes concernées par l’arrêté, et notamment auprès des parcelles contenant des troupeaux de moutons.
  • En priorité sur les communes d’Autigny-la-Tour, Houéville, Chef-Haut, Soncourt (voir localisation sur carte en pièce jointe), mais aussi sur toutes les communes citées dans l’arrêté inter-préfectoral de tir de prélèvement (voir territoire du loup cerclé sur la carte).

Les principes de base pour cette action :

  • De préférence ne pas être seul sur le terrain,
  • Rester courtois au contact des éleveurs et des chasseurs,
  • Rester hors des terrains privés, notamment sur les chemins ruraux,
  • Ne pas être discret pour effaroucher le loup,
  • Patrouiller de jour comme de nuit, le loup étant surtout actif la nuit, les séances de tir risquent fortement de se dérouler en soirée,
  • A la découverte d’indices de présence du loup (empreintes, pistes, crottes, restes de proies), les décrire, les géolocaliser et les noter soigneusement, puis les détruire ou les cacher pour éviter qu’ils n’aident les tireurs à le repérer.

Dans le même temps, certaines associations militantes vont s’employer à attaquer ces arrêtés au Conseil d’Etat et au Tribunal Administratif, pour les faire casser. Il y a matière à les contester, nous avons des arguments.

Vous pouvez agir concrètement pour tenter de sauver le seul loup aujourd’hui encore vivant dans la plaine lorraine (au moins 3 autres individus ont déjà été braconnés depuis 2013), nous pouvons montrer à l’Etat et au monde agricole que nous n’acceptons pas ces décisions absurdes qui n’arrangeront ni la situation du loup en France, ni la situation des éleveurs qui continuerons à être attaqués par les loups qui viendront (dispersion rapide depuis les Alpes et depuis l’Allemagne).

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